« Et je savais que ceux chez eux ne comprendraient pas. [...] Nous, de la fraternité, pourrions comprendre le soldat, mais nous ne pourrions jamais lui expliquer. Nous tous resterions un peuple séparé et défini, comme si nous étions marqués par un despotisme monstrueux. »

And We Go On (1930), écrit par Will R. Bird, vétéran et auteur canadien.

Le pacifisme et la désillusion

Un combat pour quoi et pour qui?

Le pacifisme a émergé avec une nouvelle vigueur suite à la Première Guerre mondiale, en promettant une fin à la guerre après le carnage qui venait d’engloutir le globe. Cependant, contrairement aux autres mouvements sociopolitiques, les vétérans canadiens n’étaient largement pas impliqués.

Le pacifisme était un mouvement minoritaire au Canada, en grande partie limité à certaines confessions religieuses et des radicaux de gauche avant 1914. Durant la guerre, des pacifistes faisaient face à un dur stigmate social, ainsi que la censure et l’emprisonnement en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.

Will R. Bird en uniforme

Soumis par Heather Murray

William R. Bird était un vétéran du 42e bataillon et un auteur de nombreuses œuvres, incluant And We Go On (1930), un récit biographique de ses expériences durant la Première Guerre mondiale. Moins extrême que les publications d’autres vétérans de la période, le récit de Bird a néanmoins une connotation clairement antiguerre et touche sur l’écart perçu entre les civils et les vétérans.

Dans les années 1920 et 1930, le pacifisme était poussé dans le courant dominant. Des projets internationaux, comme la Société des Nations, un organisme qui était censé régler les différends entre les États par l’arbitrage, et les traités de désarmement et limitation des armements ont émergé, légitimant l’idéologie pacifiste comme plus qu’un mouvement de frange. Bien que non sans détracteurs, le soutien était assez répandu.

Alors que la majorité de vétérans partageait la révulsion pacifiste pour la guerre, très peu d’entre eux transformait leur désillusion en activisme – ils étaient, en règle générale, antiguerres mais non pas pacifistes. Nombreux considéraient le leadership largement civil du mouvement avec suspicion ou dédain. L’échec des projets pacifistes pour prévenir l’escalade en Europe était une autre cause de scepticisme parmi les vétérans qui considéraient que la paix pour laquelle ils ont combattu était gaspillée. Plus que cela, de nombreux vétérans souhaitaient mettre la guerre derrière eux et mener une vie normale.

For What?

Passez la souris

For What? Huile sur toile par Frederick Varley, v. 1918. Collection d'Art militaire Beaverbrook. Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0770

Varley, comme d'autres artistes canadiens, est envoyé sur les champs de bataille en 1916 pour documenter la Première Guerre mondiale. Son oeuvre d'art, produite en 1918-1919, présente la futilité de la guerre et conteste la légitimité de la Première Guerre mondiale.