
À l’occasion du 90e anniversaire du pèlerinage canadien de Vimy de 1936
LE
CHEMIN DU RETOUR
Sur les traces du pèlerinage de Vimy de 1936
6 200 anciens combattants canadiens et leurs proches
se sont rendus en France pour le pèlerinage de la Légion canadienne à Vimy.
Ils ont assisté au dévoilement du Mémorial national du Canada à Vimy, un monument commémorant 11 285 Canadiens tués en France durant la Première Guerre mondiale dont les restes n'ont jamais été retrouvés ou identifiés.
Pèlerins au Mémorial national du Canada à Vimy 2017.20 | Don de John R. Newell Collection CCGW
RETOUR À
VIMY
Les familles en deuil étaient parmi les premiers visiteurs au front de l’Ouest, visitant les lieux de combat. Ces excursions se sont rapidement transformées en tourisme de champs de bataille. Avec plusieurs vétérans au chômage et recevant des pensions inadéquates, ces expéditions étaient inaccessibles et souvent trop coûteuses. Au début des années 1930, le désir d'y retourner persistait, même lors de la Grande Dépression, où plusieurs Canadiens ne pouvaient pas se permettre un voyage en Europe.
PÈLERIN ou TOURIST
Les visiteurs des champs de bataille pourraient être regroupés en deux catégories : pèlerins ou touristes. Les pèlerins voyageaient pour pleurer une perte ou trouver du réconfort dans le paysage guérisseur, et portaient un regard critique sur les touristes, qu’ils croyaient avoir banalisé la guerre. Cependant, avec le recul, les deux ont servi à faire avancer l’industrie du tourisme sur le champ de bataille.
Comme les pèlerins et les touristes affluaient vers les anciennes lignes de front, ces visites étaient proposées en bus, à pied et même en vélo. Les visiteurs pouvaient voir les lignes de front, séjourner dans des hôtels, goûter des plats étrangers et acheter des souvenirs. Les visites de ruines, cependant, étaient particulièrement populaires, les touristes prenant comme souvenirs des gravats provenant de bâtiments tombés.

Les anciens combattants partent pour le pèlerinage de Vimy
Le sergent Low, le soldat Broomhall et le soldat Stuart à la gare Bonaventure de Montréal, en route de Toronto à Vimy.
Collection CCGG







Carte postale photographiques du RMS Antonia / Collection CCGG
ORGANISER LE
PÈLERINAGE
Pour 160 $ par personne (3 580 $ en 2026), le pèlerinage officiel incluait trois semaines et demie en France, Belgique et Angleterre. Un dépôt de 10 $ était requis avec la somme restante payable en six versements. Le gouvernement français a également offert cinq jours supplémentaires gratuits, que plus de 5 000 pèlerins ont acceptés. Le pèlerinage comprenait les repas, l’hébergement, le transport, l'assurance maladie, un passeport spécial pour Vimy et l'équipement (béret, havresac, guide). Le coût du transport ferroviaire au Canada a été réduit et 11 jours de congés payés ont été offerts pour les vétérans de la fonction publique.
RIEN N'EST TROP CHER
Amy Baker, une infirmière blessée, souhaitait assister au pèlerinage mais ne pouvait pas se le permettre. Son article est paru dans The Globe, et grâce à cela, elle a réussi à obtenir un financement via des dons de lecteurs du journal.

Carte postale photographiques du SS Duchess of Bedford, SS Montrose, SS Montcalm, RMS Antonia, et RMS Ascania.
Collection CCGG
Cinq navires ont quitté Montréal pour Le Havre, France et Anvers, Belgique : SS Duchess of Bedford, SS Montrose, SS Montcalm, RMS Antonia, et RMS Ascania. De plus, 235 autobus ont servi à transporter les pèlerins entre les hôtels, les cérémonies et les visites guidées. L'itinéraire standard inclut des visites aux champs de bataille, monuments et lieux de vie des soldats. Des itinéraires spéciaux ont été planifiés pour accommoder des demandes spéciales de visite de plus de 300 cimetières.
SE DÉPLACER










Photographies de John Newell / 2017.20 | Don de John Newell / Collection CCGG
SOUVENIRS DU
PÈLERINAGE
Le pèlerinage à Vimy était un acte de commémoration et une expérience inoubliable. Au long du voyage, des cartes postales, menus, billets, photographies et autres souvenirs ont été rassemblés, créant des collections uniques.
La collecte de souvenirs et le scrapbooking sont des actes profondément personnels souvent entrepris par les femmes et les enfants. Ces collections individualisées nous révèlent souvent des perspectives méconnues du pèlerinage.

Photographies de John Newell
2017.20 | Don de John Newell
Collection CCGG
Les menus comportent des repas que les pèlerins n'auraient que rarement goûtés au Canada durant la Grande Dépression. À une époque de chômage et d'insécurité alimentaire, le pâté, les fromages, les vins et les liqueurs rendaient ces repas mémorables, donnant une raison de plus aux pèlerins de conserver ces menus.
À travers ces objets, les pèlerins ont cultivé des souvenirs d'un voyage profondément intime. Pour les vétérans, c'était une chance de se souvenir des camarades et de revisiter les champs de bataille. Pour certains, cette expérience a permis de rendre hommage aux défunts et de faire leur deuil, tandis que d’autres ont pu se réunir avec des compagnons d’armes et partager un moment de recueillement en famille et entre amis. Chéris et transmis de génération en génération, ces objets démontrent les souvenirs impérissables du pèlerinage et du dévoilement du Monument à Vimy. Ancrés dans la mémoire collective, ils témoignent des expériences émouvantes vécues par les pèlerins.
LE SAVIEZ-VOUS
Selon Don Wood, un enfant à bord du Montrose, il y avait beaucoup d’enfants sur son navire. Ils ont joué à des jeux à bord, occupant leur temps en « formant des gangs et revendiquant la propriété de différentes parties du navire ». Ce voyage impliquait des souvenirs des côtes canadiennes, des icebergs dans l’Atlantique Nord et en Europe, des jeux, des goûters et des repas. Bien que le voyage ait été plus solennel pour les adultes, les témoignages des enfants démontrent la nouveauté des expériences de ce voyage, telles que de nouveaux aliments et sites touristiques, contrastant avec des aspects plus sérieux du pèlerinage.










Mémorial national du
Canada à Vimy
La crête de Vimy était un un important point stratégique dans la région d’Arras, dans le nord de la France. Sous contrôle allemand depuis 1914, les forces canadiennes mènent une opération du 9 au 12 avril 1917 afin d’en prendre possession.
C’était la première fois où les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien ont combattu ensemble. Affirmant le Canada comme une nation à part entière, la bataille de la crête de Vimy est devenue un symbole important de l’identité nationale.
La crête de Vimy est choisie comme lieu de commémoration nationale par la Commission des monuments de champs de bataille nationaux. C’est le monument, tel que conçu par Walter S. Allward, qui a été sélectionné parmi 160 soumissions de projets. Le mémorial de Vimy, construit entre 1925 et 1936 est inauguré en juillet 1936, devant une foule de plus de 100 000 personnes, dont le roi Édouard VIII et plus de 6 200 anciens combattants canadiens et leurs proches.
Les noms de 11 285 soldats canadiens sans tombe connue y sont gravés.
Histoires prennent vie
!
Mémorial de Vimy : Histoires vivantes
Où 11 285 histoires prennent vie
Téléchargez l'application pour scanner les noms gravés sur le Mémorial national du Canada à Vimy
Nom graves sur le Mémorial national du Canada à Vimy / Collection CCGG

Cartes postales françaises avec le Mémorial national canadien de Vimy, 1936 Photographie : A. Vigneau Impression : E. Desfossés-Néogravure, Paris 2017.20 | Don de John R. Newell Collection CCGW
Collection CCGG
Le Canada en deuil est une des statues les plus connues du Mémorial de Vimy, sculptée à partir d’un seul bloc de pierre de 30 tonnes. Pleurant la perte des fils du Canada tombés au combat, elle se tient la tête penchée et son regard se pose sur la Tombe du soldat inconnu au pied du monument. Le Canada en deuil représente toutes les mères canadiennes endeuillées par la perte de leurs fils durant le conflit.
Un témoignage vivant
Don Wood
Parmi les nombreux pèlerins ayant entrepris ce voyage se trouvait Donald Wood. Âgé de huit ans, il s’est rendu en Europe avec ses parents, Gertrude Mary Wood et Henry James Wood. Son père, Henry, était déjà ancien combattant avant la Première Guerre mondiale. Né en Angleterre, il s’était d’abord enrôlé dans le Royal East Kent Regiment et avait servi en Inde.
Il a ensuite immigré au Canada en 1906 et s’est joint à la réserve des 42nd Highlanders of Canada (The Black Watch). En août 1914, il s’est porté volontaire pour le service actif au sein du Corps expéditionnaire canadien et a servi comme sergent quartier-maître de compagnie au 13e Bataillon, Royal Highlanders of Canada (The Black Watch).
Pour Donald Wood, ce pèlerinage est un voyage familial chéri et bien plus encore. Son père, toujours prudent avec ses finances, pouvait se permettre d’emmener sa famille dans ce voyage, même pendant la Grande Dépression. Ce serait la seule occasion qu’il aurait de voyager avec son père Henry, qui est mort à peine quatre ans après le pèlerinage, lorsque Donald avait 12 ans. En rétrospective, cela rend ce voyage encore plus spécial pour lui.
Plus que du temps de qualité en famille, cependant, Donald se souvient avec émotion des images et des sons de son voyage. Du son des avions planant au-dessus lors de l’inauguration du Mémorial de Vimy aux vues des hommes portant des chapeaux haut-de-formes dans les salles dorées de Buckingham Palace, Donald garde encore ces souvenirs près de son coeur 90 ans plus tard. Il se souvient même d’une observation royale, regardant deux princesses qui s’agitaient par la fenêtre. L’une d’elles, la princesse Elizabeth, serait plus tard reine.





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