« ...Jusqu'à aujourd'hui, les Canadiens d'origine japonaise n'ont pas été bien traités ici. Mais ceci [l'enrôlement] va mettre les futurs gouvernements provinciaux dans une position où ils ne pourront pas nier leurs droits aux Japonais. Alors que nous regardons vers l'avenir et que les Japonais établissent leur place au Canada, nous n'avons pas d'autre choix que de relever ce défi. »

Iku Kumagawa, soldat dans la Première Guerre mondiale, 1916

Les droits des minorités

Le combat pour la reconnaissance

Malgré le racisme auquel ils font face, des membres des communautés autochtones, noires et asiatiques s’engagent en grand nombre pour participer à la Première Guerre mondiale. Malheureusement, ils reviennent dans un pays largement inchangé en matière de discrimination.

Afro-Canadian Unit, No. 2 Construction Battalion, Musée Windsor

Passez la souris

Capitaine William A. White

Alors que l’armée canadienne n’était pas officiellement ségréguée durant la Première Guerre mondiale, les Canadiens noirs qui cherchaient à s’enrôler étaient souvent refusaient par des recruteurs. Suite à deux ans de pression, piloté par le révérend William A. White, le No. 2 Construction Battalion, une unité composée exclusivement de Noirs, a été créé en 1916. White, le chapelain de l’unité, était un des seuls officiers noirs de l’armée britannique.

Passez la souris

Avant la guerre, les Canadiens d'origine japonaise - même ceux qui sont nés au Canada - ne peuvent pas voter, se porter candidat à des élections ou pratiquer certaines professions . À leur retour au pays, les vétérans de cette communauté se battent pour obtenir ces droits. En Colombie-Britannique, Masumi Mitsui, un sergeant décoré de l'armée canadienne, crée la Branche No. 9 de la Légion canadienne en Colombie-Britannique pour militer pour le droit de vote des vétérans. Les anciens combattants japonais obtiennent ce privilège aux élections fédérales de 1919 et, après de nombreuses années de pression , en Colombie-Britannique en 1931. Le droit de vote leur est volé en 1942, lorsque les membres de la communauté japonaise, incluant les vétérans de la Grande Guerre, sont internés et dépossédés de leurs biens durant la Seconde Guerre mondiale.

Canadian Legion B.E.S.L. Japanese Branch No. 9 Flag. vers 1930

Japanese Canadian War Memorial Committee Collection, 2016.5.1.2.1, Nikkei National Museum

Frederick O. Loft et la League of Indians of Canada

Les vétérans autochtones ne sont pas traités comme les autres anciens combattants. L’accès aux bénéfices habituellement offerts aux vétérans (docteurs, hôpitaux, pensions, terres) requiert le consentement d’un agent du ministère des Affaires indiennes (MAI), qui est rarement donné. Conscients des sacrifices faits par leurs communautés, plusieurs vétérans autochtones, comme Lieutenant Frederick O. Loft, réclament égalité et justice. Loft fonde la League of Indians of Canada, qui se bat pour les droits des peuples autochtones au Canada et réclame aussi le contrôle exclusif de leurs terres ancestrales. En 1927, sous la pression du MAI, la Loi sur les Indiens est amendée pour empêcher aux organismes d’amasser de l’argent pour des revendications légales autochtones, coupant ainsi le financement de la League of Indians. Celle-ci est démantelée, mais sa création montre la volonté des vétérans autochtones de se battre pour l’égalité.

Lt. F.O. Loft, vers. 1914-1918,  Le ministère de la Defense nationale, Bibliothèque et Archives Canada, 1964-114 NPC 3629837